COP 21et Glyphosate

Posted by on Sep 21, 2016 | 0 comments

«Une relation solidaire contractualisée, sans intermédiaire» ainsi que  «prendre en compte équitablement avec les paysan-ne-s les fluctuations et aléas inhérents à leur activité».

La COP 21… et après ?

La COP 21 s’était conclue le 12 novembre dernier par « l’Accord de Paris », signé par 195 états. Tout en reconnaissant le progrès considérable réalisé au regard de l’impasse existante depuis la COP 15 de Copenhague en 2009, les avis des spécialistes sur ses conclusions furent globalement fort réservés. Nous reproduisons ci-dessous le résumé de cet accord tel que rapporté dans «La Gazette N°8»:

  • Il ne contient dans sa version finale aucun objectif précis de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre-(GES), alors que la somme des «contributions volontaires» apportées par 190 pays sur 195, avant la conférence, conduit à une augmentation de 3°C au moins. Il est simplement évoqué «un plafonnement des émissions mondiales de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais » (article 4).
  • Des points essentiels (l’engagement de 100 milliards vis-à-vis des «pays pauvres», d’éventuelles mentions sur les énergies renouvelables) ne figurent pas dans l’accord stricto-sensu, mais dans le préambule.
  • Il est juridiquement peu  contraignant (les «contributions volontaires» actuelles ne le sont pas), et il n’est pas prévu de mécanisme de sanction (contrairement aux accords de libéralisation du commerce et de l’investissement).
  • Un point positif est le fait de prévoir une révision des contributions nationales tous les 5 ans : tous les pays publieront leurs données et leurs objectifs. Ce qui laisse une porte ouverte à l’action des ONG et de la société civile.

Pour être mis en application, l’accord doit être ratifié par 55 pays, représentant au moins 55% des émissions mondiales de GES. La France l’a ratifié par une loi promulguée le 15 juin. Il ne l’est actuellement que par 17 autres pays, principalement des petits Etats insulaires. La Chine et les Etats-Unis ont annoncé vouloir ratifier avant la fin de l’année. Par ailleurs, la COP 22, (22ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques) se tiendra au Maroc, à Marrakech, du 7 au 18 novembre prochain. (Sources : les-crises.fr ; reporterre.fr ; natura-sciences.com)

Précisons les termes :

Dans les numéros précédents de « la gazette », les termes «Pesticides», «Néonicotinoïdes», «Perturbateurs Endocriniens», ont été utilisés plusieurs fois. Que recouvrent-ils plus précisément ? : (Source : Wikipédia)

  • Un pesticide (de l’anglais «pest» = ravageur) est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides. Ils agissent par endommagement du système nerveux, asphyxie, inhibition de la mue ou de la faim, etc…(insecticides), perturbation du fonctionnement cellulaire des champignons,…(fongicides), inhibition de la photosynthèse,…(herbicides). En 2009, il existait 900 molécules actives différentes
  • Les néonicotinoïdes sont une classe des insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ils ne comprennent pas plus d’une dizaine de molécules actives différentes, mais sont les insecticides les plus répandus dans le monde.
  • Les perturbateurs endocriniens sont des produits susceptibles d’agir à très faible dose sur l’équilibre hormonal des êtres vivants en raison de leurs propriétés «hormono-mimétiques». Ce peuvent être des détergents, plastifiants, antioxydants, pesticides (DDT, Triazines), etc…
(«Le Canard Enchaîné» du 25/5/16)

(«Le Canard Enchaîné» du 25/5/16)

Des nouvelles du Glyphosate (« Round-Up ») :

C’est l’herbicide le plus répandu au monde, et le plus souvent retrouvé dans les cours d’eau en France. En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé le glyphosate comme « cancérogène probable sur l’homme ». Quelques mois plus tard, en novembre 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) jugeait de son côté le caractère cancérogène du glyphosate « improbable ». Pour tenter d’expliquer ces conclusions opposées, précisons que le Circ a entrepris son évaluation en ne se basant que sur des études publiées dans la littérature scientifique évaluée par les pairs. De son côté, l’Efsa a pris en compte ces mêmes études, mais aussi les dossiers présentés par les industriels, dont les données ne sont pas publiques. :

Or, l’autorisation de ce produit sur le territoire Européen s’éteignait le 30 juin, et les 28 pays Européens ne se sont pas mis d’accord sur la proposition de la Commission d’en prolonger, de 12 à 18 mois l’autorisation (après des premières propositions de 15 puis 9 ans…),le quorum n’étant pas atteint en termes de population représentée (52% contre 65% requis).. Finalement la Commission a décidé le 29 juin de «prolonger l’autorisation du glyphosate pour une période limitée, jusqu’à ce que l’Agence européenne des produits chimiques publie son avis, au plus tard à la fin de 2017 » (Sources : « Le Parisien » du 7/6/16, site « Natura-Sciences.com », « Le Monde.fr »)

Un peu de «positivité»… ?!

film-demain-presente-par-melun4saisonsLe film « DEMAIN » est sorti il y a quelques mois. Il présente des initiatives et réalisations (Permaculture à la ferme du Bec-Hellouin en Normandie, système de l’Enseignement Primaire en Finlande, fermes urbaines à Détroit-USA,…) contournant le système industriel productiviste. Il a néanmoins été critiqué, notamment par le mouvement prônant la décroissance. Mais, à l’attention des enfants –acteurs du monde futur-, un Livre-Cd a été édité ; il est ainsi résumé : Lou et Pablo se font du souci,  la planète va de plus en plus mal, et beaucoup de gens en souffrent. Pourtant il doit bien exister des solutions.

(Editions Actes Sud Junior, 88 pages, 24 euros)

(Rédaction : P. Sauvegrain, AMAP de Melun)

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