Cantines bio : ça marche et c’est moins cher

Posted by on Mar 19, 2018 | 0 comments

De nombreuses communes ont décidé, depuis quelques années, de «passer en 100 % bio» dans les cantines scolaires. Parmi elles : LANGOUET (Ile et Vilaine, 600 hab.), BARJAC (Gard, 1.600 hab.), MOUANS-SARTOUX (Alpes-Maritimes, 9.500 hab.). Et cela est possible et réalisé sans surcoût. C’est Gilles PEROLE, adjoint au Maire de Mouans-Sartoux, chargé de l’enfance et de l’éducation qui parle :

cantine-bio

Ci-dessus, atelier jardin, dans le cadre des activités péri-scolaires.

« Dans un premier temps, on a travaillé l’équilibre alimentaire dans le cadre du Plan National Nutrition Santé : plus de fruits, plus de légumes, moins de sel, moins de graisses. Et puis on s’est rendu compte qu’en donnant plus de fruits, plus de céréales complètes on donnait plus de pesticides aux enfants. Donc pour respecter leur santé et l’environnement on est allés plus loin, on a voulu passer au bio. On a commencé en 2008 à introduire des produits bio, et en 4 ans on a réussi à passer à 100% de produits bio. Au-delà du bio, on souhaitait un approvisionnement de proximité, en limitant les transports, pour respecter le climat et l’aménagement du territoire ».

La municipalité décide ensuite de travailler sur le gaspillage alimentaire et la diminution des déchets :

« On a voulu regarder où on en était. Alors en 2010 on a mis en place la pesée en fin de service, chaque jour. On s’est rendu compte qu’on jetait 147 grammes par repas. On était aussi mauvais que les autres. Cela nous a effarés ».

C’est le début des pesées et de la responsabilisation des enfants sur les portions, avec le résultat que l’on sait : cinq ans plus tard,un repas ne génère plus que 30 grammes de déchets.

Dans cette ville c’est donc l’action contre le gaspillage qui a permis l’absence de surcoût, mais aussi l’approvisionnement en légumes à partir de 6 hectares dévolus au maraichage que possède la régie agricole.

Le prix moyen de participation des familles est de 3,13 euros par repas. A LANGOUET, le même objectif a été atteint grâce à un approvisionnement au sein d’un GIE Agricole regroupant 35 producteurs, à une optimisation des transports, à la réduction du gaspillage, ainsi que le dit le Maire, Daniel CUEFF :  «En dix ans, nous avons même baissé le coût de revient d’un repas qui est passé de 5,39 € en 2004 confectionné en gestion concédée à la Sodexo à 5,28 € en 2014, en gestion directe et totalement en bio ». Le repas est actuellement facturé 2,95 euros aux familles, et 1,95 en tarif réduit pour les minimas sociaux.

Au niveau national, en 2015, une proposition de loi visant à introduire 50% de production locale (dont 20% de bio) dans les cantines scolaires a été rejetée par le Sénat, puis en 2016, un amendement analogue, rejeté à son tour par le Conseil Constitutionnel, au motif qu’il n’avait rien à voir avec la loi à laquelle il voulait s’amender… Une obstruction des lobbys agro-alimentaires est évoquée…Toutefois, le Ministre actuel de l’Agriculture, a, dans un entretien au «JDD» en décembre dernier a annoncé une loi qui ferait passer 50% de produits bio et locaux dans la restauration collective d’ici 2022.

Par ailleurs, le Réseau AMAP-IdF, dans sa lettre mensuelle de janvier 2018, se félicite  de son action sur la restauration collective, qui se concrétise cette année : «par le montage d’un projet pilote en Seine-et-Marne pour tester et documenter toutes les possibilités d’association entre les paysan·ne·s, les collectivités, les établissements scolaires, les parents d’élèves et les enfants. Une première également, ce chantier est financé par l’ADEME et deux fondations ».

Ce projet pilote se tiendra dans une cantine d’Ecuelles (Moret sur Loing). Le comité de pilotage comprendra : représentants de la municipalité, parents d’élèves, AMAPiens, producteurs, cheffe de cuisine. Le bilan de l’expérimentation sera rendu public.

(Sources : Sites «Reporterre.net», «blog.franceTVinfo.fr», «LANGOUET.fr», «AMAP IDF.com»)

Le glyphosate (suite)

Pour rappel, le glyphosate est la molécule active d’un herbicide systémique à large spectre qui bloque un enzyme dont la plante a besoin pour fabriquer des acides aminés et des protéines. Il est toxique pour toute plante qui n’a pas été modifiée génétiquement pour le tolérer.

Le glyphosate seul est peu efficace, car il n’adhère pas aux feuilles et les pénètre difficilement ; on lui adjoint donc un tensio-actif. En 2015, le Centre International de Recherches sur le Cancer le classe comme «cancérogène probable». En 2016, l’OMS ainsi que l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments estiment qu’il est improbable qu’il le soit par voie alimentaire…Plus précisément, on sait que Glyphosate et AMPA (son produit de dégradation) perturbent la capacité des cellules à se reproduire et copier exactement l’ADN, ce qui peut provoquer des mutations génétiques et augmenter le risque de cancer.

«Concrètement», selon les « Amis de la Terre », en Equateur et en Colombie, où des herbicides à base de glyphosate ont été utilisés pour contrôler la production de cocaïne, il y avait un taux plus élevé d’altérations génétiques et de fausses-couches durant la saison d’épandage. En Argentine le Chaco est une région où l’on cultive le soja. Les taux de cancer y ont été multipliés par 4 durant ces dix dernières années.

En novembre dernier, les pays de l’Union Européenne ont voté, à la majorité qualifiée (*), pour la proposition de la Commission de renouveler pour 5 ans l’autorisation de mise sur le marché. C’est le vote inattendu et favorable de l’Allemagne qui a emporté la décision. La France avait voté contre, et le gouvernement actuel, par une déclaration du 25 septembre 2017, s’est engagé à ce que le glyphosate soit interdit en France d’ici 2022.

Le 6 février dernier, le Parlement Européen a adopté le mandat d’une commission spéciale, qui examinera la procédure d’autorisation de l’U.E. pour les pesticides. Elle reviendra sur le rôle de la Commission et des agences de l’UE dans le renouvellement controversé de la licence du glyphosate, et devra présenter un rapport final.

(*) La majorité qualifiée est atteinte si deux conditions sont remplies : 55% des Etats membres ont exprimé un vote favorable, et ils constituent au moins 65% de la population totale de l’U.E. Dans le cas présent, les voix obtenues représentaient 66%.

(Sources : Sites «Amis de la terre.org », Wikipédia, «Journaldelenvironnement.net», «L’avenir.net».)

Défense de l’environnement

Selon les derniers chiffres de l’ONG Global Witness, 197 personnes ont trouvé la mort en 2017 pour avoir défendu une cause environnementale ou tout simplement leur terre.

E. VASQUEZ, journaliste de radio, en Colombie, assassinée lors d’une manifestation.

E. VASQUEZ, journaliste de radio, en Colombie, assassinée lors
d’une manifestation.

L’Amérique latine abrite le plus grand nombre de morts en 2017 avec 46 au Brésil et 32 en Colombie, où les conflits fonciers sont de plus en plus nombreux, tandis que de nombreuses zones ne sont plus administrées depuis l’accord de paix de 2015 et le départ des guérilleros des Farc. Les Philippines représentent le pays d’Asie le plus dangereux pour la cause environnementale. 41 personnes y ont trouvé la mort l’an dernier. En République Démocratique du Congo, quatre gardes forestiers et un porteur ont été tués en juillet pour s’être opposés au braconnage d’espèces sauvages. (Source : site « Euractiv.fr »)

N.B. «Pour mémoire…», en 2014, Rémi FRAISSE à Sivens…

 

 

Droit à l’eau

Le 1er février dernier, l’Assemblée Nationale a voté contre une proposition de loi présentée par un groupe de députés qui affirmait que «Toute personne a le droit fondamental et inaliénable d’accéder, gratuitement, à la quantité d’eau potable indispensable à la vie et à la dignité, prioritairement à tout autre usage ». Actuellement, l’article L-120-1 du code de l’environnement stipule que «Chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous». Néanmoins, aujourd’hui, 150.000 personnes n’ont pourtant pas accès à l’eau potable et un million de ménages y ont accès à un coût inabordable. De plus, si une loi entrée en vigueur le 16 avril 2013,  interdit officiellement les coupures d’eau pour impayés, elle est loin d’être respectée en France, comme le montrent les nombreuses condamnations d’opérateurs devant les tribunaux.  (Source : site «le journaldelenvironnement.net»)

(Rédaction : P.S.)

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