La saison redémarre…

Posted by on Mai 9, 2016 | 1 comment

…d’abord, par de bonnes nouvelles : selon le Groupement d’Agriculture Biologique d’Ile de France (GAB-IDF) les surfaces cultivées en bio en Seine et Marne ont cru de 2,4% en 2014 par rapport à 2013. Ainsi, 89 exploitations y sont engagées en bio ce qui constitue 3,4 % des fermes. Il est recensé environ 2000 hectares de grandes cultures, 1400 ha de prairies et surfaces fourragères, 200 ha de productions maraîchères, 60 ha en cultures fruitières. En Ile de France, 50% des productionsmaraîchères bio sont distribuées en AMAP, et 25% à la ferme.

L’AMAP de Melun accompagne le mouvement d’ensemble de l’agriculture raisonnable : en effet, le nombre d’adhérents est passé de 50 en 2015 à 52 en 2016, le nombre d’équivalents grands-paniers de 28 à 30, de contrats-chèvres de 22 à 24 et de contrats-pain de 16 à 20.

Les mauvaises nouvelles concernent les salades (mais pas les salades que l’on trouve déjà dans les paniers de l’AMAP des Quatre Saisons), en effet :

Les salades

L’Association, « Générations Futures » publie sur son site les résultats de son enquête sur la teneur en pesticides des salades qui constituent, selon l’INSEE, le 4ème légume le plus mangé en France, et font partie de ceux dans lesquels on retrouve le plus de résidus de ces produits chimiques. Sensible aux avertissements de l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) qui affirme que 36% des laitues contiennent de 2 à 13 résidus de pesticides, cette Association a donc acheté au printemps dernier 31 salades dans les supermarchés de Picardie. Les analyses effectuées sur elles ont montré que 25 (soit, 80%) contenaient au moins un résidu de pesticide, et 21 (soit, 70%) contenaient au moins un résidu de «perturbateurs endocriniens» (P.E.). Ces dernières substances sont capables d’interférer avec les hormones humaines, et sont soupçonnées d’être à l’origine d’effets provoquant des maladies graves (cancers hormonaux dépendants, infertilité, diabète, troubles neuro-comportementaux…). Dans la communauté des chercheurs, il y a confrontation quant à la présence ou non, d’un seuil de concentration en P.E. déclenchant ces effets. Un certain nombre d’entre eux, (chercheurs indépendants), estime que même à concentration infinitésimale ces effets sont réels.

perturbateurs-hormonaux

En 2013, la Commission Européenne devait établir les «critères d’identification» de ces P.E., dans la perspective d’une réglementation. Mais depuis, le lobbying de l’industrie agrochimique en bloque l’établissement à tel point que la Suède a décidé, soutenue par la France, de poursuivre la Commission en justice… Il semblerait néanmoins que le 15 juin prochain, de tels critères soient présentés en réunion, aux commissaires…

Dans le même ordre d’idée, le 19 mai dernier, «cette même Commission n’est pas parvenue à s’accorder sur la prorogation (ou non) de l’autorisation du glyphosate, principal ingrédient du Roundup de Monsanto, classé par le Centre International de Recherche sur le Cancer (organisme dépendant de l’OMS), comme «cancérogène probable»».  (Sources : « Le Monde » daté du 21/5/16 et site de « Générations futures »)

Suggestion de lecture… :

« On a l’habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l’usine, du commerce, de la ville. Opposé au citadin et même au citoyen, le paysan serait au mieux primitif et proche de la nature, au pire arriéré et réactionnaire.
À l’opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre les cultivateurs et la terre cultivée, favorise l’essor des valeurs démocratiques et la formation de la citoyenneté. Défile alors sous nos yeux un cortège étonnant d’expériences agricoles, les unes antiques, les autres actuelles : du jardin d’Éden qu’Adam doit « cultiver » et aussi « garder » à la « petite république » que fut la ferme pour Jefferson ; des chambrées et foyers médiévaux au lopin de terre russe ; du jardin ouvrier au jardin-thérapeutique ; des «guérillas-vertes» aux « jardins partagés-australiens ».

la-democratie-aux-champs

Cultiver la terre n’est pas un travail comme un autre. Ce n’est pas suer, souffrir ni arracher, arraisonner. C’est dialoguer, être attentif, prendre une initiative et écouter la réponse, anticiper, sachant qu’on ne peut calculer à coup sûr, et aussi participer, apprendre des autres, coopérer, partager. L’agriculture peut donc, sous certaines conditions, représenter une puissance de changement considérable et un véritable espoir pour l’écologie démocratique. »  (Présentation du livre de Joëlle ZASK, aux éditions « La Découverte », mars 2016, 18 euros 50 cents)

Rédaction : P.Sauvegrain

One Comment

  1. Autant dire que je suis content de retrouver caché queqlues limaces et chenille dans mes salades !

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