Gazette n°19 – Label bio, Alternatiba 2018 et alternatives aux pesticides

Posted by on Août 24, 2018 | 0 comments

Les labels de l’agriculture biologique

logo-bio-AB-ecocertAu cours des années 70, la filière biologique française s’est progressivement mise en place, suite à une augmentation de la demande. En 1980, les organisations françaises de l’agriculture biologique créent une charte commune, «la Charte de Blois», et en 1983 le terme «agriculture biologique» est légalement accepté, en tant qu’agriculture n’utilisant pas de produits chimiques de synthèse. Le «label AB», propriété du ministère de l’agriculture, est alors créé en 1985, puis son logo en 1996. Depuis 2009, il est remplacé officiellement par le label bio européen surnommé «Eurofeuille». Le logo AB demeure néanmoins affiché, car plus connu par le public.

Ce label européen, bien sûr, interdit totalement pesticides et engrais chimiques de synthèse ; Il autorise la mixité des productions bio et non bio sous certaines conditions ; Les produits transformés doivent contenir au moins 95 % d’ingrédients bio ; Il y a tolérance d’une contamination par les OGM à hauteur de 0,9 % sur les produits transformés.

Problème : ce label est moins contraignant que le label AB, légalement abandonné.

En conséquence, la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique), les magasins Biocoop, Naturalia, créent «biocohérence», qui est un label privé, plus exigeant que les précédents : La mixité des productions bio et non-bio est interdite ; Pas plus de 0,1 % d’OGM sur les produits transformés ; Pas de cultures sous serres chauffées ; Produits venant à 100 % de France ; exigence éthique et sociale.

Parmi les autres labels, dont les chartes sont consultables sur leurs sites, il existe «Bio-Partenaire» (qui suit la règlementation Européenne, avec une attention à la juste rémunération des producteurs) ; «Nature et Progrès» basé sur l’agro-écologie paysanne et locale ; «Demeter» basé sur l’agriculture bio-dynamique issue d’un courant «spirituel», l’anthroposophie.

Neuf organismes peuvent délivrer la certification. Parmi eux : Ecocert, Bureau Veritas, Agrocert, …

(Sources : Wikipédia, Bioalaune.com)

Le «Tour Alternatiba» 2018 est parti le 9 juin

alternatiba-tour-juin-2018

Le «Tour Alternatiba» 2018 est parti le 9 juin, pour 5.800km en bicyclettes multiplaces  de Paris à Bayonne via Belgique, Allemagne, Suisse. Faisant suite aux «Tours» précédents, les cyclistes s’arrêteront dans 200 villes étapes pour parler des alternatives pour contrer le changement climatique, avec conférences, concerts, expositions, manifestations de solidarité et…bonne humeur ! Pour savoir si le tour passe près de votre lieu de vacances, faites «tour alternatiba» sur votre moteur de recherches.

Alternatiba est un mouvement citoyen né en 2013 à Bayonne. Il ne veut pas se résigner, et lutte au sujet du climat et de la justice sociale. En effet, le réchauffement climatique s’accélère, touche les populations les plus pauvres de la planète, et à moyen terme, menace les conditions de vie sur terre.

Les résidus de pesticide

L’association «Générations Futures» a publié en février dernier un rapport sur les résidus de pesticides dans fruits et légumes, en traitant les résultats analytiques des «plans de surveillance» de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) réalisés de 2012 à 2016. Au total, 30 échantillons minimum de chacun de 19 fruits et 33 légumes ont été étudiés. (Il s’agit de fruits ou de légumes non pelés).Des moyennes annuelles de chacune des 5 années  en ont été tirées. Voici les résultats principaux :

  • Concernant les fruits, de façon stable de 2012 à 2016, 70% de tous les échantillons montraient des quantités de résidus quantifiables analytiquement, tandis que 3 % en contenaient au-delà des «LMR», (limite maximale des teneurs autorisées).
  • Concernant les légumes, également de façon stable de 2012 à 2016, 40 % de tous les échantillons montraient des quantités de résidus quantifiables analytiquement, tandis que 3,5 % en contenaient au-delà des «LMR».

Les LMR, dont les valeurs font débat, sont variables car établies pour chaque matière active de pesticide vis à vis de chaque production agricole et elles sont dépendantes de la quantité journalière moyenne ingérée par l’homme pour chaque produit : ainsi pour le glyphosate la LMR  est de 0.05 mg/kg pour le lait et les bananes, et 5 mg/kg sur les lentilles (en matière active).

      Analyses sur les fruits       Fruits concernés :     Analyses sur les légumes     Légumes concernés :
Résidus quantifiés dans plus de

80 % des échantillons

 

Raisins,clémentines,mandarines   cerises, fraises, pèches. Résidus quantifiés dans plus de

70 % des échantillons

 

Céleris branches, herbes fraiches, endives, céleris raves
Résidus quantifiés dans moins de

40 % des échantillons

 

Prunes, mirabelles, kiwis, avocats. Résidus quantifiés dans moins de

5 % des échantillons

 

Betteraves, ignames, asperges, maïs.
Résidus quantifiés avec une teneur supérieure à la LMR dans plus de 4% des échantillons Cerises, mangues, papayes, oranges. Résidus quantifiés avec une teneur supérieure à la LMR dans plus de 10% des échantillons Céleris branches, herbes fraiches, blettes.

Par ailleurs, voici les résultats d’une étude menée de 2013 à 2015 par l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) portant sur 30.000 «produits» conventionnels et 2.000 bio : 44% des premiers présentent des teneurs quantifiables d’au moins un résidu et 1,2% dépassent la LMR.  Pour les «produits bio» les pourcentages sont respectivement de 6,5% et 0,2%.

(Sources : generations-futures.fr ;  fao.org ;  journaldelenvironnement.net)

Alternatives aux pesticides

Le 29 mai dernier, lors de l’examen à l’Assemblée Nationale du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation, les députés ont majoritairement approuvé que l’interdiction du glyphosate sous les trois ans n’y soit pas inscrite, contrairement à une promesse Présidentielle de novembre dernier. Les mêmes députés ont rejeté un amendement gouvernemental (de dernière minute) qui visait à encadrer l’utilisation des pesticides à proximité des résidences habitées. En justification, les responsables politiques assurent de leur «confiance» en les agriculteurs traditionnels pour arriver à des alternatives d’ici trois ans et promettent d’engager des recherches sur ces alternatives aux pesticides…qui sont épandus à raison de 2,3 kg/ha cultivé/an (en matière active). Le glyphosate en représente quant à lui 15%.

Concernant ce glyphosate, l’INRA avait remis au gouvernement à la fin 2017 un rapport sur son interdiction d’ici 3 ans. L’organisme estime que les freins ne sont pas techniques, mais portent plutôt sur l’impact économique et le temps de travail. Et que les principaux blocages sont structurels : des exploitations de grande taille avec peu de personnel, une spécialisation des territoires qui sélectionne «une flore adventice difficile» et une demande de produits standardisés.

Les alternatives existent…En premier lieu l’agriculture biologique (pratiquée sur 5% des surfaces cultivables en France en 2016). Et aussi l’agriculture «intégrée» qui vise, non à l’élimination mais à une baisse des quantités appliquées, en mettant en œuvre des moyens culturaux (rotations longues, semis tardifs,…), génétiques (variétés résistantes,…) ou dits de «lutte» (désherbage mécanique, insectes utiles,…). La lutte «chimique» est mise en œuvre si les autres moyens ont été épuisés. Ainsi, dans le cadre du plan «Ecophyto» (plan national de réduction de l’utilisation de pesticides de 50% d’ici 2025 – en 2018 initialement à la suite du «Grenelle de l’Environnement»-), l’Etat a lancé en 2010 le réseau «DEPHY» réunissant 3.000 fermes pratiquant cette agriculture intégrée : à ce jour, une baisse moyenne de 18% y est observée.

(Sources : ouest-france.fr , letelegramme.fr , generations-futures.fr, actu-environnement.com, agriculture.gouv.fr)              (Rédacteur : p.s.)

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